Kepler-438 b: pas si habitable que ça!

Kepler-438 b était l’une des planètes potentiellement habitables plus intéressantes. Etant de petite taille, elle a de grandes chances d’être rocheuses. Elle reçoit de son étoile plus d’énergie que la Terre, mais moins que Vénus et serait potentiellement habitable selon une définition optimiste de la zone habitable. Mais c’était sans compter le caractère versatile de son soleil.\n\nKepler-438 est une étoile naine rouge. Comme le Soleil, les naines rouges ont un champ magnétique changeant et peuvent entrer en éruption. Alors qu’une éruption solaire peut dans le pire des cas mettre hors-service des satellites, provoquer des pannes de courant et des aurores boréales sur Terre, les super-éruptions des naines rouges peuvent éroder l’atmosphères des planètes. Notre Terre est protégée par trois barrières: la distance nous séparant du Soleil, notre champ magnétique qui dévie les particules chargées et notre atmosphère qui filtre les dangereux rayons X et UV.\n\n

Une éjection de masse coronale accompagnant une éruption solaire. Crédit: NASA Goddard Space Flight Center.
\n\nDavid Armstrong et son équipe (Université de Warwick) ont découvert que Kepler-438 a eu en quatre ans sept éruptions importantes, dont une dix fois plus puissante que la plus puissante éruption solaire jamais mesurée (en 1859). En plus de cela, les trois barrières protégeant la Terre ne peuvent protéger Kepler-438 b. Cette planète orbite très près de son petit soleil et se prend les éruptions à bout portant. Les forces de marée ont sans doutes stoppé sa rotation, ce qui a affaibli son champ magnétique. Et pour finir son atmosphère a vraisemblablement été soufflée par des millions d’années d’éruptions.\n\n
Vue d’artiste de Kepler-438 b, une monde rocheux à l’atmosphère soufflée par les éruptions de son étoile. Crédit: Mark A Garlick/University of Warwick.
\n\nBien qu’à priori très semblable à la Terre, Kepler-438 b ressemble peut être plus à une plus grande version de Mars dont le faible champ magnétique n’a pas su protéger son atmosphère des colères du Soleil, ne laissant qu’un désert sec et arrosé de radiations mortelles à la place d’un éden pour la vie. David Armstrong insiste néanmoins: tourner autour d’une naine rouge n’est pas une fatalité et les autres systèmes qu’il a étudié ne sont pas soumis à de pareilles éruptions.\n\nRéférence:\n

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  1. The Host Stars of Keplers Habitable Exoplanets: Superflares, Rotation and Activity (D. J. Armstrong et al. 2015)
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\nLectures complémentaires:\n