Planète vs. naine brune – La définition du terme « planète » a déjà été débattu maintes fois dans la communauté astronomique. En 2006 une nouvelle définition avait banni Pluton de la liste des planètes du système solaire. Mais cette définition ne s’appliquait justement qu’au système solaire, pour les exoplanètes d’autres problématiques sont soulevées. Quid des très grosses planètes capables d’enclencher des réactions de fusion nucléaire? Quid des très petites naines brunes qui n’en sont pas capables? Une nouvelle définition de travail a été proposée lors d’un vote à l’Union Astronomique Internationale. Ainsi est une planète tout objet remplissant les critères suivants:

– Objet dont la masse vrai est inférieure à la masse limite pour la fusion du deutérium (estimée à ~13MJ)

– En orbite autour d’une étoile, d’une naine brune ou d’un rémanent stellaire

– Dont le ratio de masse avec l’objet central est inférieur à la limite de stabilité des points de Lagrange 4 et 5, soit 1/25

– Le mode de formation de l’astre n’est pas important.

– La masse minimale est la même que pour les planètes du système solaire (point étrange, puisqu’elle n’est pas fixée!)

Cette définition devrait évoluer suivant les nouvelles découvertes. Je la trouve personnellement incomplète et peu pratique.

Des « aurores » sur une naine brune. Crédits: NASA Goddard Space Flight Center from Greenbelt, MD, USA.

Nomenclature – Lors de la même séance a été proposée une charte pour la nomenclature des exoplanètes. Comme toujours, il est recommandé d’utiliser le nom de l’étoile hôte suivie d’une lettre minuscule (b, c, d…). Pour le choix du nom de l’étoile, ils proposent de privilégier  dans l’odre les noms communs (Sirius, Antares…),  les désignations de Bayer (alpha Centauri, beta Pictoris…), les désignations de Flamsteed (51 Peg, 55 Cnc, puis les désignations selon les catalogues Bright Star Catalogue (HR 8799), Gliese-Jahreiss (Gliese 581) puis Henry Draper (HD 209458). Je trouve dommage que les désignations selon le catalogue des étoiles variables (UV Ceti, BY Draconis) n’y figurent pas alors qu’elles sont pratiques et très utilisées, ainsi que les désignations selon des catalogues privés comme Kepler, CoRoT ou HAT-P. De plus certaines désignations de Bayer sont peu pratiques et on leu préfère usuellement les désignations de Flamsteed (ex: rho1 Cancri = 55 Cancri).

Microlentille – Découverte de deux planètes par la méthode des microlentilles gravitationnelles. OGLE-2014-BLG-1186L b est une géante gazeuse orbitant une naine rouge… Ou bien une naine brune passant devant une étoile binaire d’arrière-plan. KMT-2017-BLG-0165L b est une super-neptune orbitant une étoile semblable au Soleil.

Gaïa – Grâce aux données de la mission de cartographie de notre Galaxie, les rayons et densités de 320 planètes ont pu être recalculées ainsi que l’énergie incidente reçue par 690 planètes. Ainsi trois planètes déjà connues peuvent être ajoutées à la liste des planètes orbitant dans la zone habitable de leur étoile (HIP 67537 b, HD 148156 b et HD 106720 b). En moyenne les rayons des planètes étudiées a été remonté de 3.76%. La planète la plus dense n’est plus CoRoT-3 b (qui passe de 26.4 à 17.3 g.cm-3) mais KELT-1 b avec une masse volumique de 23.7g.cm-3.

Carte de densité stellaire réalisée grâce aux données récoltées par Gaïa. Crédits: Edmund Serpell, ESA/Gaia.

Projet N2K – Le projet N2K (Next 2000) a pour vocation d’explorer la relation entre la métallicité des étoiles et la présence de planètes. L’équipe en charge a détecté six nouvelles géantes gazeuses froides autour d’étoiles riches en métaux en utilisant de spectrographe HIRES de l’observatoire Keck: HD 55696, HD 98736, HD 148164, HD 203473 et and HD 211810. Ils n’ont pas contre pas réussi à détecter HD 73256 b.

KELT-9 b – Détection de fer atomique neutre, ionisé et de titane ionisé dans l’atmosphère de la planète la plus chaude connue.

Jupiters chaudes – La température du côté nocturne des jupiters chaudes est universelle (exception faite des cas les plus extrêmes). Même si la face diurne est très chaude, l’apparition d’une couverture nuageuse empêche le côté nocturne de descendre en dessous de ~1000K.

Planètes de pulsars – Les premières exoplanètes jamais découvertes l’ont été autour d’un pulsar, mais on en a trouvé très peu depuis. La collection est maintenant enrichie avec PSR B0943+10 b et c deux géantes gazeuses (ou pas?) orbitant leur pulsar en 2 et 4 ans, le pulsar serait également entouré d’un disque d’accrétion. Une planète aurait aussi été détectée autour de PSR B0525+21

Vue d’artiste d’une planète orbitant un pulsar. Crédit: NASA/JPL-Caltech/R. Hurt (SSC)

IGR J17062-6143 serait quant à lui orbité par une naine blanche ayant perdu l’essentiel de sa masse, arrachée de sa surface par l’appétit du pulsar. Le rémanent restant a une masse de 16 à 18 fois la masse de Jupiter et orbite son tortionnaire en seulement 38 minutes.

NGST-4 b – Découverte d’une planète de la taille de Neptune autour d’une naine orange. Bien que de la taille de Neptune, elle est beaucoup plus massive, en plein dans le « désert des neptunes » ou « désert des sub-saturnes », un domaine de masse avec très peu de planètes connues.

Kepler-730 – Le système Kepler-730 contient une jupiter chaude mais aussi une petite planète tellurique à très courte période. Ce système serait un analogue à WASP-47.

K2 – Détection de 33 planètes candidates autour de naines rouges, dont 7 probablement rocheuses.

Validation de EPIC 211964830 b et c, deux planètes orbitant une naine rouge dans l’amas d’étoiles de la Ruche (M44)

Valisation de la sub-neptune EPIC211682544 b.

HATSouth – Le réseau HATSouth a permi la découverte de 10 nouvelles planètes extrasolaires assez diverses de HATS-60 b à HATS-69 b. Parmi elles HATS-62 b est la planète la plus légère ayant un diamètre supérieur à celui de Jupiter. Trois des systèmes (HATS-62, -64 et -65) pourraient être binaires.

HD 100546 – HD 100546 est une jeune étoile Herbig Be entourée d’un disque de poussière et peut être orbité par une (proto)planète. De nouvelles observations utilisant l’optique adaptative SPHERE du VLT dévoile un disque protoplanétaire à l’architecture complexe, traversé par plusieurs sillons. L’un deux pourrait être creusé directement par la protoplanète détectée en 2013, les autres seraient dues à des résonances orbitales interdites avec cette même planète.

YZ Ceti c – La période de YZ Ceti c pourrait ne pas être de trois jours mais de seulement 18 heures!

Beta Pictoris b – La masse de la célèbre exoplanète a été mesurée par astrométrie à environ 11 fois la masse de Jupiter. Cette mesure, faite grâce aux relevés d’Hipparcos et Gaïa concorde avec les estimations précédentes.

HD 180617 b – Découverte d’une planète du gabarit de Neptune autour de la naine rouge HD 180617, membre d’un couple stellaire avec la célèbre VB 10, une des plus petites étoiles connues.

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